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Monsieur le Président,

 

Ayant enfin pu avoir en fin d’année 2008 (6 mois après la demande de l’élu du Clupip) le plan et le CCTP relatifs à la réfection du port de Saint Mandrier prévue depuis 2002 qui aurait du débuter en 2008, après analyse de ces documents nous sommes consternés par ces projets somptuaires dont nous n’avions pas été informés. Nous n’apprécions pas être placés devant le fait accompli.

 

Nous ne prétendons pas assurer une co-gestion. Nous constatons simplement que vos services n’ont pas tenu compte des souhaits des usagers qui plébiscitent une réfection du port à moindre coût, s’inscrivant parfaitement dans les directives gouvernementales d’économies rendues nécessaires par la crise financière et économique qui frappe notamment la France.

 

Nous vous rappelons que les redevances portuaires ont triplé depuis 1999 suivant vos plans d’investissements successifs pour lesquels les travaux promis n’ont pas été réalisés. Pendant ce temps, la CCIV a tout de même dépensé notre argent, mais pour son confort.

 

Plusieurs éléments de votre projet de port doivent être rectifiés. Vous devez vous rapprocher du projet de port consensuel du 29/01/2002 CCIV/Usagers qui aurait du normalement voir le jour, avec des pontons flottants et une protection brise clapot intérieure ou extérieure comme cela avait été décidé avec le Président BESSUDO.

 

 Dans l’immédiat nous désirons des explications :

 

-Comment est-il possible qu’il ne reste pratiquement rien de notre argent ? Les plaisanciers ont déjà payé 2 fois le coût de la réfection et il va falloir la payer une troisième faute de provisions suffisantes.

-Comment est-il possible d’engager 5,5 M€ de travaux sans apporter le moindre euro de provision ?

-Comment est-il possible qu’une banque prête 4,5 M€ à une CCIV dont le secteur plaisance est dans une situation financière inextricable, sans véritable plan de financement dont l’emprunt dépasse la durée de concession ?

-Comment est-il possible de croire qu’actuellement une dizaine d’investisseurs pourraient mettre 100000 € dans des garanties d’usage pour des bateaux de 14 mètres pour une durée de 30 ans ?

Il est avéré que dans la conjoncture actuelle, cette solution pour obtenir de l’argent cash ne donne pas les résultats escomptés pour le nouveau port de La Seyne. C’est même catastrophique à tel point qu’il est question de retarder ou d’annuler simplement le projet selon l’avis même des promoteurs. La presse a également fait écho de ces difficultés.

-Comment cette solution de garanties d’usage dans le port de Saint Mandrier qui était viable en 2002 n’a pas été retenue et l’est aujourd’hui alors qu’elle est rejetée par les investisseurs ?

-Comment est-il possible d’envisager des installations fixes en aluminium 2 fois plus chères que celles dont nous avons besoin sans prendre l’avis des usagers qui financent à 100% et de leurs experts tout aussi capables que les vôtres de donner un avis motivé ?

-Comment est-il possible de ne pas maintenir le projet de brise clapot même intérieur, dont l’utilité n’est plus à démontrer tant pour la protection des bateaux que pour la sécurité ?

 

  • Pannes transport : les usagers sont fermement opposés à leur financement  puisque ce sont des pannes dédiées, construites avec des critères bien particuliers relatifs au commerce de transport de passagers. De plus, il n’a jamais été question de 2 pannes de ce type à usage transport et pêche. Pour la Nième fois, nous vous signalons que les perturbations causées par la vitesse excessive des navettes maritimes dans le port occasionnent des dégâts importants aux bateaux et aux installations dont le coût est supporté encore une fois entièrement et anormalement par les usagers. Il est à noter :
    • Le contrat de concession est bien muet sur la circulation des navettes, des 2 appontements (1 seul dans tous les autres ports) et de la superficie qui est occupée en aires de rotation et chenaux pénalisant le taux d’occupation et de ce fait le chiffre d’affaires.
    • Les sommes payées par TPM concernant la redevance transport (0,10 € aller et retour) sont trop faibles pour financer leurs installations captives. Ce sont donc les plaisanciers qui financent anormalement la différence. Exemple : en 2007, TPM déclare 1000000 de passagers transportés mais n’a versé à l’EMTP –c’est à dire pour les 3 ports- en moyenne que 60000 € par an depuis 2003. (7064 € en 2001 et 41376 € en 2002) On constate donc que seulement la moitié des passagers sont payants.
    • Qu’en est-il du montant versé pour la redevance passagers par les « Bateliers de la rade » ? Le gros gabarit de ce navire a rendu nécessaire le renforcement du ponton E. Les usagers l’ont encore financé anormalement.

 

  • Pannes fixes plaisance : il n’a jamais été question de pannes de ce type, en aluminium sur portée de 14 m, dont le coût est largement supérieur à celui des pannes flottantes que votre propre étude place pourtant au 1er rang qualité/prix. A notre connaissance vous n’avez pas d’expérience dans ce domaine, en tout cas pas dans l’EMTP ces 10 dernières années. Votre volonté d’installer des pontons fixes à l’entrée du port arguant qu’ils résistent mieux dans le temps n’est pas fondé puisque depuis plus de 20 ans, ce sont des pannes flottantes qui assurent ce rôle et qui résistent parfaitement aux assauts de la mer. Evidemment il faut les entretenir, ce qui n’est malheureusement pas le cas.

 

  • Bornes eau/électricité, transmission par ondes électromagnétiques : un calcul tout simple montre que ce système particulièrement onéreux n’aurait jamais du être choisi. Le budget 2006 nous indique une dépense de moins de 25 € par bateau et par an pour l’eau et l’électricité. Chaque borne nue coûte environ 10000 € pour 4 bateaux, il faut donc 100 ans déjà pour l’amortir sans tenir compte du coût des autres éléments : l’installation, la maintenance, les réseaux complexes, le personnel, la formation et les nuisances électromagnétiques possibles. Les usagers vous demandent de les remettre « en libre service » et d’abandonner ce système qui ne fonctionne bien nulle part, en tout cas pas dans le port de Saint Mandrier où cette expérience est en cours depuis 2006. Le constructeur a d’ailleurs déclaré dans la presse qu’elles n’étaient plus fabriquées. Les usagers ne désirent conserver que les portails d’entrée avec un système de fermeture classique à clé ou digicode mécanique. Le port doit être ouvert à tous les usagers. Tout ceci a été dit sans résultat par les élus du CLUPIP depuis 2005 en conseil portuaire ou en commission plaisance. De plus, le personnel des capitaineries doit être employé aux tâches prioritaires prévues au contrat annuel d’amarrage et de stationnement.

 

  • La réfection du restant quai Jean JAURES ne doit pas être l’occasion de valoriser une paillote sans droit ni titre à l’intérieur du périmètre de concession. Cet emplacement doit être utilisé pour l’installation de sanitaires et de places de parking réservés aux usagers du port dont ils ont bien besoin sur ce coté Est. Tout ou partie de la cale de halage pourrait être conservée, sans installations mécaniques, vu son état correct, son utilité et sa valeur patrimoniale.

 

  • Nous demandons que le terre-plein de « La Vieille » soit aménagé en parking gratuit à usage exclusif des usagers du port afin de solutionner le stationnement de longue durée et désengorger celui du village.

 

D’une manière générale, les usagers désirent que leurs choix soient pris en considération et que le produit des redevances portuaires soit affecté exclusivement aux installations et aux services dont ils ont besoin.

Si l’on se réfère à votre publicité dans la presse quotidienne : «Accueil personnalisé, information, diagnostic, expertise, pour trouver ensemble des solutions aux entreprises qui rencontrent des difficultés » nous ne doutons pas que vous en trouverez une pour la votre.

 

Comptant sur votre compréhension, d’autant plus que vous êtes plaisancier, pour une réelle concertation, pour le respect des usagers et du principe de proportionnalité. Nous sollicitons une réunion à votre convenance pour une mise au point avec l’autorité portuaire si nécessaire.

 

Dans l’attente, veuillez agréer Monsieur le Président, l’assurance de notre considération distinguée.

 

 

  Michel BLAYAC                  Michel PIERRIAU            Robert HERNANDEZ

Elu CLUPIP SM                     Président ANSM                       Président APM

 

 

 

 

 

 

-Copie :

-M. le Ministre chargé de l’aménagement du territoire,

-M. le Préfet du var,

-M. le Député de la 7 ème Circonscription,

-M. le Conseiller Général Canton de Saint Mandrier,

-M. Luc POINTARD Direction des Ports, Brégaillon,

-M. le Président du SMVPL,

-M. ARDUIN, Directeur du Port de Toulon.

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