BULLETIN D’INFORMATIONS DE L’UNAN-33 n°74
PLAISANCE VOILE OU MOTEUR SECURITE ET PREVENTION
1-/ Le point de vue de la SNSM
Dans l'Editorial de la Revue Sauvetage de fin 2009, l'Amiral LAGANE, Président de la SNSM,
rappelle que la pratique de la navigation de plaisance est la moins dangereuse des activités en
mer.
Il convient toutefois de distinguer la "Navigation de plaisance" et les "Loisirs nautiques", qui
se pratiquent à proximité immédiate du rivage.
Le plaisancier est un marin solidaire. En effet,il est souvent sur zone et intervient sur appel
général des CROSS dans 19 % des opérations qu'ils coordonnent, au second rang derrière la
SNSM qui est présente dans 50% des interventions.
La plaisance est peu "accidentogène" . Ce sont les « loisirs nautiques » qui sont à l'origine du
plus grand nombre de décès ou disparitions, pour 60 % d'entre eux, devant la pêche
professionnelle (15%), la plaisance au moteur (15%), la marine de commerce (5%) et la
plaisance à la voile (2 %).
Mais l'éditorial de l'Amiral LAGANE fait apparaît que la plaisance reste très consommatrice de
secours en mer. Les CROSS estiment qu'un tiers des appels de plaisanciers ( 1.000 appels à
l'aide par an ) peuvent être qualifiés de "demandes de confort", pour des situations que le
plaisancier moyen devrait normalement maîtriser aisément par lui-même.
2-/ La réflexion de l'UNAN
L'UNAN partage complètement le point de vue du responsable de la SNSM. Sur la base des
données statistiques produites par la Direction des Affaires Maritimes et des enquêtes estivales
sur les évènements de mer lancée avec les CROSS durant l'été 2008, l'UNAN avait souligné
que sur 73 % des appels de plaisanciers à des moyens d'assistance, 61 % étaient dues aux
avaries de moteur.
La moitié des demandes d'assistance parait provoquée par une erreur humaine, très souvent liée
à un manque d'entretien élémentaire du bateau, un défaut de connaissance des équipements du
bateau, un manque de réflexion et de débrouillardise.
bon nombre d'appels aux sauveteurs auraient pu être évités et les difficultés résolues par les
moyens du bord.
UNAN-33 Association Loi 1901 n° W336000447 Centre Nautique Pierre Mallet - Port de plaisance 33120 Arcachon Doc : 10 02 01 bulletin Unan-33 n°74.doc
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L'entraide entre plaisanciers doit être aussi être développée lorsque les conditions météo le
permettent.
l'opportunité du remboursement intégral des frais d'assistance par les assureurs peut être
discutée afin .que le plaisancier prenne conscience de la nécessité de ses responsabilités
L'UNAN poursuivra ses actions, bien ciblées, en matière de sécurité et de prévention. La
bonne connaissance que nous avons maintenant des causes d'évènements de mer y aide.. Parmi
les actions de prévention , la plus difficile, est de sensibiliser chacun des pratiquants aux
risques, à leur prévention et aux comportements à adopter face à un imprévu.
3-/ Quelques chiffres récents sur la plaisance à voile et à moteur
Chaque année, les CROSS métropolitains ouvrent en moyenne environ 3.500 "dossiers" relatifs
à la plaisance (intervention avec ou sans mise en oeuvre d'une assistance matérielle). Ceux-ci
correspondent à environ 2.800 opérations de sauvetage. En montagne, ce sont 55.000
opérations de sauvetage annuelles qui sont menées. Plus de la moitié de ces opérations en mer
ont lieu pendant les 4 mois d'été, de juin à septembre. Il apparaît que la voile est à l'origine de
moins d'accidents alors que le moteur progresse. Quelques surprises dans le détail des chiffres
: Il y a presque autant de démâtages de bateaux navigant au moteur qu'à la voile !
La progression continue des accidents médicaux, qui représentent la quasi totalité des "divers"
est-elle due à l'augmentation de l'âge moyen des pratiquants. Les conclusions des études
confirment : la part prépondérante des avaries, des échouements, à un moindre degré des
difficultés de navigation.
Hors accidents médicaux, qui auraient pu aussi se produire à terre, la plaisance a généré peu
d'accidents mortels : 12 pendant l'été 2009. Le nombre de décès par chavirage au moteur intègre
les accidents d'annexe, classés peut-être en bloc comme bateaux à moteur, même pour des
voiliers. Les accidents en action de pêche restent nombreux. Hors accidents médicaux (7 par an
en moyenne), les principales causes de mortalité restent la chute à la mer et le chavirage. C'est
sur ces deux points que devront porter les efforts de prévention.
Les causes des demandes d'assistance et celles des décès et disparitions à la mer étant stables et
bien connues, il est assez simple de déterminer les priorité sur lesquelles faire porter l'attention
des plaisanciers et leur "formation continue".
L'UNAN est intimement convaincue que ce ne sont pas de nouvelles règlementations de
sécurité, des permis élargis ou des contrôles techniques obligatoires qui amélioreront la
situation. Mais avant tout une meilleure culture de l'usage de la me par ceux qui la pratiquent, la
connaissance et le respect de conseils simples et un comportement plus responsable de chaque
plaisancier. A ce stade, la difficulté n'est pas tant de définir le message à faire passer ni de le
mettre en forme mais bien de le
diffuser auprès des plaisanciers. Ceux-là sont en effet
souvent difficiles à toucher .
Les membres d'associations de port représentent au mieux 30 à 40 % des utilisateurs d'anneaux
dans un port. La proportion n'est plus élevée que dans certaines associations de mouillages dont
les utilisateurs titulaires d'AOT collectives, sont obligatoirement membres pour bénéficier de
leurs services. Les pratiquants du motonautisme sont encore plus "individualistes" et difficiles à
contacter, surtout s'ils sont simples utilisateurs de cales de mise à l'eau.
4-/ Les domaines sur lesquels doit s'exercer en premier lieu la prévention
UNAN-33 Association Loi 1901 n° W336000447 Centre Nautique Pierre Mallet - Port de plaisance 33120 Arcachon Doc : 10 02 01 bulletin Unan-33 n°74.doc
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-L'entretien du bateau, et principalement du moteur et de ses accessoires, 3/4 des demandes
d'assistance sont dues à des problèmes d'avaries, de moteur pour l'essentiel. Les causes exactes
sont bien identifiées à travers les enquêtes "Evènements de mer" des CROSS durant les étés
2008 et 2009. Des mesures de prévention et de dépannage simples sont donc répertoriées et
disponibles pour les plaisanciers, sous réserve de pouvoir les atteindre .
-Les réflexes automatiques doivent être acquis :
-On ne sort qu'avec une météo marine après avoir effectué la check-list, et paré le
bateau. On ne surcharge pas le bateau. Tout le matériel de sécurité est présent à bord et
utilisable. Le chef de bord est compétent et quelqu'un est capable de le remplacer s'il ne peut
plus assurer sa fonction
-En cas d'incident, et s'il n'y a pas danger immédiat, on doit tenter de se sortir de
difficultés par ses propres moyens, en informant le CROSS au cas où la situation s'aggraverait.
-Avaries : savoir quels incidents peuvent survenir et disposer des quelques outils et
pièces nécessaires.
-Difficultés de navigation : les imprévus sont nombreux et l'on doit pouvoir y faire face.
Il faut disposer du matériel qui peut être nécessaire si les conditions s'aggravent, et savoir s'en
servir.
-Homme à la mer : porter un gilet de flottabilité le plus souvent possible, et toujours par
mauvais temps, de nuit, ou si l'on est vulnérable. Qu'on navigue à la voile ou au moteur, par
mauvais temps ou de nuit, on porte toujours un harnais vous reliant au bateau.
-Chavirage, voie d'eau, grosse avarie : tant qu'il ne coule pas, on reste sur le bateau sans
s'en éloigner pour être repéré. Le trajet en annexe est souvent dangereux.
En mer on est forcément loin d'un hôpital. Ne pas appareiller si l'on court un risque médical. Ne
pas s'exposer inutilement à un accident (noyade, traumatisme, déshydratation, insolation, effort
violent,).
-Les accidents arrivent souvent par manque d'attention ou par imprudence (échouage ou
chavirage par exemple). Il faut toujours suivre sa position et être attentifs aux changements de
temps. En mer, tout peut arriver et doit être anticipé.
5-/ Comment délivrer ces messages de prévention à chaque plaisancier
Brochures ciblées sur les types de navigation pratiqués. Feuillets simples (autocollants) pour la
plaisance légère, voile, moteur ou aviron/pagaie, à remettre par les vendeurs ou sur les cales de
mise à l'eau. Documents remis aux souscripteurs de polices d'assurance "Marine" ou Loisirs
nautiques par les sociétés d'assurance. Documents mis à bord des bateaux de location par les
loueurs (à bord et à remettre lors de la signature du contrat de location, ou lors de la
réservation). Via Ecoles de voile et de navigation, écoles de permis moteur. Via Clubs et
associations de navigateurs et leurs sites Internet. Via les ports de plaisance et bases nautiques.
Via la SNSM. Via l'ANFR lors de la délivrance d'un CRR ou de l'expédition d'une première
licence de station pour un primo équipement.
"Conseils de ponton" (si la jurisprudence n'expose pas les associations qui les dispensent et
leurs bénévoles à des risques juridiques ridicules).
Enfin des rappels importants
1/la meteo en boucle canal 63 qui existe (dans notre région) même si on la capte mal
2/ Le fait que la possession à bord de la licence est obligatoire
3/ La vhf ASN qui utilise le canal 70 et qui dispense de certaine fusées
janvier 2010